Important : faire l’école à la maison, c’est offrir une instruction basée sur l’accompagnement des enfants dans leurs apprentissages hors des établissements scolaires - donc en contact avec le monde. Les modalités de l’enseignement prévu par les autorités ces prochaines semaines ne sont pas encore claires, mais une quarantaine forcée ne ressemble en rien à la scolarisation à domicile ‘normale’.

Malgré ce contexte, certaines approches propres à ce mode d’instruction peuvent cependant être utiles et nous les partageons volontiers avec les parents qui se trouvent parachutés dans une situation pour laquelle ils ne se sentent pas forcément préparés.

  1. L'école à la maison, c'est un rythme différent. La vie scolaire est constituée de nombreux moments qui ne sont pas des moments d’apprentissage. Il est donc inutile de maintenir les mêmes périodes horaires qu’à l’école, c’est beaucoup trop long pour les enfants. Il est aussi inutile d’inventer des récréations. Nous cherchons surtout à vivre des moments très variés. Cependant, si certains fixent des horaires plus rigides, c’est essentiellement autour des besoins de la famille dans son entièreté.

  2. Nous ne tentons pas de devenir « le prof de nos enfants ». Nous les accompagnons, et si nous souhaitons travailler un domaine avec eux et que nous séchons, nous nous accordons le temps de trouver une réponse sur le web, qui est bourré de ressources, ou en contactant d’autres parents… Nous accompagnons nos enfants comme le ferait un coach, sans nous mettre la pression d’imaginer que notre enfant ratera sa vie si nous ne faisons pas tout comme à l’école.

  3. Les aînés peuvent aider les cadets dans leurs apprentissages. C’est une expérience que les familles font régulièrement, à savoir que l’IHES - instruction hors établissement scolaire - génère une amélioration de la cohésion des fratries après un certain temps.

  4. Chaque famille est différente et ça prend du temps de trouver un fonctionnement optimal - c'est normal. Un des truc que certains utilisent, c’est de débuter la journée en notant ce que chacun aimerait particulièrement faire (deux ou trois choses), ainsi que celles aussi qui doivent absolument être faites par les uns et les autres, parents y compris (sortir le chien, cuisiner…). Puis nous laissons les enfants choisir l’ordre des activités qui les concernent. Nous les encourageons à s’organiser, à être autonomes, à trouver leur rythme. Nous les laissons expérimenter, même si ce n’est pas tout de suite efficace.

  5. Nous investissons notre temps non seulement pour apprendre, mais pour passer simplement des moments de qualité avec nos enfants, pour autant que notre emploi du temps nous laisse des plages libres. Souvent nous bouquinons (ensemble), nous cuisinons ensemble, nous philosophons, nous jouons à des jeux de société, nous imaginons un projet commun à réaliser en famille. Et parfois même, pour le plaisir, nous partageons avec nos enfants une activité que nous aimions à leur âge. Nous encourageons et accueillons les propositions et les idées de nos enfants. Nous tenons des journaux de bord, faisons des albums photo au jour le jour. Pourquoi ne pas photographier la nature depuis une fenêtre, toujours la même, regarder le temps faire son oeuvre…

  6. Il y a aussi des moments où les enfants doivrent se gérer tout seul. Soit parce que nous avons besoin de travailler, soit de respirer. Ce n’est pas une attente déraisonnable, même si pour certains enfants c’est un défi de s’occuper tout seul. Quelques pistes : audio-livres, bricolages de longue durée, fabrication libre (cabanes)… Nous encourageons la créativité, même si elle met du désordre dans la maison. Il suffit de ranger le soir avec eux.

  7. Les écrans peuvent être une distraction et un frein à la créativité. Nous définissons généralement en famille les plages horaires pour l’accès aux écrans, et dans le cas particulier que nous traversons aujourd’hui avec la pandémie, nous vérifions qu’ils ne soient pas source d’anxiété pour les enfants.

  8. Les liens avec les voisins font partie de la démarche éducative de beaucoup d’entre nous. Dans le cas actuel, il faudra créer ces liens de manière téléphonique ou par email. Les voisins qui ont des enfants seront peut-être heureux de monter un projet commun, telle qu’une Gazette de l’immeuble.

  9. Nous encourageons nos enfants pour chaque effort, chaque démonstration d’autonomie, chaque projet entamé. Mais surtout, il faut retenir que l’instruction hors établissement scolaire dans le contexte normal s’expérimente, s’affine avec le temps et souvent se prépare. S’y retrouver projeté brutalement est un contexte très difficile où toutes les habitudes sont chamboulées. Tous les efforts des enfants mériteront d’être salués.

  10. Le plus important : nous apprenons à nous faire confiance, faire confiance à nos enfants. Cette situation est peut-être une expérience unique pour renouer des liens, car c’est ça qui portera nos enfants pendant toute leur vie.

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(dernière mise à jour 19.03.2020)

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